Lundi 5 mai 2008
Tom et Jerry viennent d'adopter deux chats.

Ils fréquentent donc assidûment, comme il se doit, les forums sur les chats, où l'on trouve à peu près autant de réponses à ses questions sur les chats que l'on en trouve à ses questions sur l'amour dans les forums sur l'amour.

Et puis surtout, dans les forums sur les chats, on trouve, dans les signatures des membres, des citations sur les chats.

Par exemple celle-ci :

"De toutes les créatures de Dieu, il n'y en a qu'une qu'on ne mène pas à la baguette. C'est le chat."

ça, c'est de Mark Twain, nous dit-on. Et ce qui est excellent, dans les forums pour chats, c'est que cette citation, à part qu'il y a le mot "chat" dedans, c'est sans doute la phrase la moins inspirée de toutes celles qu'il a écrites, Marc Twain. Moi je dis, quand on a un nom aussi classe que Mark Twain, ça vaut vraiment la peine de signer ça.

Non mais honnêtement.

Passons sur les créatures de Dieu. ça arrive à tout le monde. Maintenant, cette histoire de baguette. Alors là, franchement, je m'insurge. S'il y a bien une bestiole qui apprécie la baguette, c'est le chat. Même si un bon pain aux céréales tranché peut parfaitement faire l'affaire, mais une baguette bien croustillante et fraîchement sortie du four, ah, pardon.
.
Ensuite, la laideur de la forme syntaxique au service d'une affirmation universelle péremptoire. La première phrase est ronflante comme si elle annonçait une révélation extraordinaire, façon Dix Commandements ; la seconde, plate et décevante dans son rythme, escamotant sous un aspect bâclé l'élément qu'elle visait à mettre en valeur. Aussi palpitant qu'une réclame pour une lessive : c'est pas moi, c'est le chat.

Et puis franchement, en faire tout un plat comme ça pour une affirmation tout aussi banale que fausse. Essayez seulement :

"De toutes les créatures de Dieu, il n'y en a qu'une qu'on ne mène pas à la baguette. C'est le koala musqué."

Ça a autrement plus de gueule, non ?
par Jerry publié dans : Confiture
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Mardi 29 avril 2008
Aujourd'hui, en consultant les prévisions de ciel bleu sur un célèbre site d'une autre couleur, je remarque, à côté, le petit encadré rappelant à qui faire sa fête aujourd'hui.

Tenez-vous bien.

Aujourd'hui, c'était la Sainte.

Oui, oui, la Sainte.

Tout court.

Le petit encadré ajoutait sur un ton péremptoire : offrez-lui des fleurs ou du chocolat.

Comme ça.

Des fleurs ou du chocolat.

C'est l'un, ou c'est l'autre. Point barre.

Même si c'est la Sainte rien.

Alors bon, je clique sur le lien pour lui offrir des fleurs ou du chocolat.

Et là, je tombe sur un autre site qui te propose carrément de lui offrir des fleurs et du chocolat.

Oui.

Les deux en même temps.

Dans le même bouquet.

Des chocolats, dans un bouquet de fleurs. Ou plus exactement, un bouquet composé d'une rose et de choses qui ressemblent fort à des baies rouges toxiques.

Bon, d'accord, les chocolats sont emballés.

Mais quand même, pauvre Sainte.

Déjà qu'on risque pas de lui souhaiter sa fête, vu qu'on a oublié jusqu'à son prénom. Si en plus on lui offre des cadeaux empoisonnés. Non, vraiment, c'était sa fête aujourd'hui.
par Jerry publié dans : Bananience
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Vendredi 25 avril 2008
Je ne voudrais pas passer pour un mec facile à fasciner, mais il y a une expression qui revient souvent dans les argumentations contemporaines, et qui me fascine.

C'est : "bienvenue dans le monde réel".

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est rarement pour saluer chaleureusement une entrée, et c'est même plutôt une invitation à sortir du débat.

Me fascinent évidemment toutes les dérivations sur le thème "regarder la réalité en face", "être réaliste", "voilà comment ça se passe dans la vraie vie", et dieu sait qu'on s'en paye toujours une bonne tranche dès qu'il y a une campagne électorale.

Car il y a deux circonstances essentielles où l'expression et ses dérivés apparaissent avec une régularité quasi métronomique : c'est en politique, et sur internet. Et quand vous croisez les deux en faisant un débat politique par internet, vous obtenez un joli parterre coloré de "bienvenue dans le monde réel" chantés en choeur par des anonymes virtuels.

Disons-le directement : l'exhortation acide au "réalisme", elle me sort par le nez.

J'en ai trouvé un bon exemple, de ce "bienvenue dans le monde réel". C'est sur le blog  de dessin d'actualité de Martin Vidberg, '"
l'actu en patate" que je vous invite à aller visiter si vous ne connaissez pas tous déjà, vu que c'est plutôt marrant et rigolo.

L'article dont je parle est ici.

Pour ceux que ça fatigue trop d'aller cliquer sur le lien, je résume le dessin : un athlète qui vient de se qualifier pour une sélection en équipe de France aux JO se voit chargé d'un air assez menaçant de défendre les valeurs du monde libre et protibétain par exemple en boycottant lesdits JO.
Ceux qui n'ont pas compris de quoi je parle, je vous invite à appuyer sur le bouton à gauche de votre caisson de cryogénisation pour signaler que vous êtes réveillé et qu'il faut qu'on vous tire de là.

Le commentaire que je vise est .

Certains trouveront que c'est un bon exemple de ce qu'on appelle le "connard prétentieux".

Je vous rassure tout de suite, je ne fais pas cet article uniquement pour le plaisir de me foutre de sa gueule.
Je n'ai rien contre la personne qui a effectivement fait ce commentaire, mais son attitude est très répandue. Je le prends lui comme je pourrais en prendre d'autres, il se trouve simplement que lui je l'ai sous la main, et il s'exprime dans un français parfait, preuve s'il en est que la culture ne fait pas l'intelligence.

Il faut savoir que le monsieur répond aux précédents commentaires, mais disons que les précédents commentaires ne lui sont guère qu'un prétexte à expliquer la vie à tout le monde. Comme beaucoup de gens sur internet, le monsieur parle un peu tout seul. Le but n'est pas de discuter, mais de s'affirmer aux dépens des autres, forcément bêtes, forcément naïfs, forcément boulets.

Je précise aussi que vraiment, je n'en ai rien à cirer des JO. Moi, mon truc, c'est le macramé.


"Désolé de vous réveiller, mais les athlètes ne font pas “ce qu’ils veulent”, et les Jeux Olympiques ne sont pas une magnifique manifestation d’amour entre les peuples qu’il ne faut pas gâcher avec de la vilaine politique."

Déjà, on ne dit pas "désolé de vous réveiller" mais on évite tout simplement de le faire, parce que moi, le type qui me casse mon sommeil, je lui casse la tête. Je sais pas si je me fais bien comprendre.
Ensuite, je ne crois pas qu'il y ait quiconque dans le monde entier qui pense que les JO sont une manifestation d'amour entre les peuples, à part Big Foot mais c'est un sentimental.
Le but du commentaire va donc être de détruire cette naïve illusion qu'il y aurait des valeurs attachées au JO. Illusion que personne ne nourrit, bien malheureusement. Parce que les JO ne sont porteurs que des valeurs qu'on veut bien y attacher, les JO sont ce qu'on en fait - et la meilleure chose qu'on puisse finalement en faire, c'est peut-être justement une magnifique manifestation d'amour entre les peuples.

"Les athlètes sont avant tout les porte-paroles publicitaires de marques commerciales et les JO sont depuis leur fondation (par le Baron de Coubertin, qui était, faut-il le rappeler, un raciste, machiste et partisan de l’eugénisme et de la supériorité de la “race blanche” convaincu) une manifestation profondément politique."

- Le "avant tout" pose problème. Les athlètes sont avant tout des athlètes, c'est-à-dire des mecs qui font des trucs sportifs que je suis incapable de faire, et même de regarder faire. Le circuit du sport, ses accointances avec le phénomène médiatique, la communication des sponsors, ça vient après, et réduire les premiers au second d'un seul adverbe, c'est un peu noyer le chat dans la moutarde.
- J'aime beaucoup l'idée d'athlètes "porte-parole", vu que souvent, la parole n'est pas le fort des athlètes, par définition plutôt physiques.
- Je passe sur le fait que "porte-parole publicitaire" me semble friser la redondance, je passe aussi rapidement sur l'idée de "marques" qui ne seraient pas "commerciales", pour en arriver directement à la seconde partie de la phrase qui consiste à dire que les JO sont et ont toujours été politiques. News on fire.
Mais il faudrait savoir : si les athlètes ne sont que des marques ambulantes, alors logiquement, les JO sont une grande parade publicitaire - donc pas trop une manifestation "profondément politique".
C'est d'ailleurs bien là qu'est le noeud du problème : le rapport entre le politique et l'économique, la tension entre des valeurs politiques donc spirituelles, et des impératifs économiques donc matériels.
- Ensuite, cracher sur Coubertin au passage - ce qu'on appelle en bonne rhétorique une attaque ad hominem - en faisant le type informé, sans se replacer dans le contexte de l'époque, c'est une sacré faute."Faut-il le rappeler", en 1896, date de la fondation des JO d'été, c'est la société française qui est avec un bel ensemble sexiste et raciste. Je n'ai rien contre, rien pour Coubertin, mais c'est comme de dire : "Saint Louis était limite, limite sur la question du Moyen-Orient."


"Les pays et les entreprises ne financent pas le CIO et n’envoient pas des équipes pour l’amour du sport, mais bien pour se placer sur la scène mondiale d’un point de vue politique (les pays dictatoriaux ont toujours employé les JO pour “normaliser” leur image) ou économique (les JO sont organisés par bien plus de publicitaires que de sportifs)."

Je précise que personne à aucun moment n'a parlé d'amour du sport. Il y a juste eu quelqu'un qui a dit que peut-être on pourrait laisser les athlètes décider de ce qu'ils font. Voilà. Le chenapan.
Je précise aussi que les entreprises n'envoient pas d'équipes aux JO, pas plus que les "pays" ne financent le
CIO.
Mais on s'en fout parce qu'à ce stade, le véritable objet du commentaire commence à apparaître clairement : le but, c'est surtout de donner des leçons. C'est comme à la piscine, les longueurs on en fait trois ou quatre au début pour faire style, mais le moment chouette c'est quand on passe aux grosses bombes qui font boomba-shplouff et qu'on se met à nager comme un gros morse en envoyant des paquets de flotte partout.


"Au delà de la question du Tibet (pour laquelle l’engouement actuel est effectivement un peu une mode), le but de ces JO est avant tout de permettre à l’Etat chinois, régime totalitaire, violent, expansionniste et ultra-libéral par dessus le marché, d’intégrer la communauté internationale comme si de rien n’était. Ce qui fournira à ses dirigeants toute légitimité pour continuer à opprimer leur peuple, et à nos grandes entreprises une armée d’esclaves soumis pour fabriquer nos fringues, téléphones, voitures, etc."

Voilà, comme je disais.
Réduire le monde à ses motifs les plus minables, c'est l'apanage du mec qui sait.

Mais là où ça devient beau, c'est avec l'association "régime totalitaire" et "ultra-libéral". Un ultra-libéral, c'est quelqu'un qu'on appelle aussi "libertarien" et qui considère que pas d'Etat, c'est mieux. Alors un Etat totalitaire et ultra-libéral, ça me fait penser aux M&M's - croquants et fondants.
Ah oui. Le parti communiste chinois, là-dedans, il joue à la pétanque, pour ceux qui se demandent.
Après, le petit délire sur les esclaves est très drôle, parce que ces esclaves sont d'abord ceux des entreprises chinoises. Les banques chinoises finançant l'économie du reste du monde, et l'économie du reste du monde consistant à acheter en Chine, je crois qu'il vaut mieux sortir d'une optique coloniale où la Chine ne serait que le relais de l'Occident et accepter que oui, c'est devenu un peu complexe tout ça.

"Celui qui soutient ces jeux soutient l’Etat chinois. Celui qui soutient l’Etat chinois est le complice de l’oppression violente d’un milliard et demi d’êtres humains. Après ça, à chacun de prendre ses responsabilités."

Mon morceau préféré : la rhétorique pourrie, avec une belle anaphore, qui place le lecteur face à ses responsabilités, comme s'il était jusqu'ici un lâche irresponsable s'abritant derrière de bons sentiments. "Oui, toi, là qui me lis, tu ne peux plus dire que tu ne savais pas, parce que moi je te l'ai dit." Et hop, tu prends la patate  chaude de la Vérité, et tu la refiles vite vite à quelqu'un d'autre parce que y a Plus belle la vie qui va commencer.

Parce que bon, bof, le mec qui écrit, il sait pas concrètement, c'est quoi les problèmes en Chine. Il écrit oppression violente, il a vaguement l'idée d'un mec face à un char - mais il se souvient plus si le char a écrasé le type ou non - et il se dit que le hukou, ça doit être un truc qui se mange.

Et c'est alors que, inévitablement, comme l'heure sonne à la pendule de grand-mère, arrive la sentence :

"Bienvenue dans le monde réel."

Comme dans Matrix.

Donc, pour ceux qui n'auraient pas suivi, "la vraie vie", c'est celle où c'est moi qui fait le shérif.
par Tom publié dans : Le réel monde réel
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Mercredi 16 avril 2008
Mes chaussures sont mortes ce matin.

Trois jours et trois nuits je les ai veillées, oignant leur front sec et brûlant de crème, essuyant leur fatigue d'un chiffon doux, priant le dieu des chaussures de me les laisser. Tous les espoirs furent vains. Les voilà qui reposent à présent dans l'obscurité, et jamais ne reverront la lumière du jour.

Et pourtant, si jeunes! Elles avaient à peine deux mois. Leur courte existence aura passé bien vite, déjà pâlit le souvenir des jeux, des longues promenades, des travaux endurés, des pluies que nous traversions ensemble. Seule consolation, penser que pour avoir eu une vie bien brève, elles auront vécu intensément. Mais elles étaient du monde où les plus belles choses ont le pire destin, et, baskets, elles ont vécu ce que vivent les baskets, l'espace d'une soixantaine de matins.

Les baskets, ces petites choses fragiles et délicates, qu'il vaut mieux garder dans un placard, le sanatorium des chaussures, si l'on ne veut qu'elles crèvent au bout de deux pauvres mois. Hem. C'est pas comme si c'était des ballerines, non plus. C'était des chaussures de sport. Faites pour bouger. Pour l'effort et l'endurance. Oh, elles ont été courageuses pourtant. Elles ont, avec ténacité, avec vaillance même, cherché à être dignes de leur destinée. Mais las, pauvres petites, leur sort était scellé d'avance : elles avaient des bouts en cuir suédé.

Le cuir suédé, ou cuir velours, c'est comme du cuir, mais retourné et poncé de façon à être plus mince et facile à trouer. En gros, une espèce de morceau de matière super fragile juste à l'endroit où toute chaussure souffre le plus, là où la simple usure liée à la marche les attaque de plein fouet. Cet endroit aussi où, au moindre trou, la première goutte de pluie s'engouffre avec des petits cris d'exultation. Cet hiver, c'était presque impossible de trouver des baskets de ville sans ces fichus bouts en cuir suédé. Ou alors, rose avec des étoiles vertes. Et parfois même rose avec des étoiles vertes et des bouts en cuir suédé.

Un peu comme si les fabricants de chaussures de sport s'étaient donné le mot: cet hiver, non seulement elles coûteront la peau des fesses, mais en plus, elles seront fabriquées en peau de fesses. Un peu comme si la mode, cet hiver, c'était le concept de la chaussure jetable au prix de la chaussure qui dure toute ta vie. C'était sans doute pour nous apprendre la vanité de l'existence.

Pourtant c'est important, des chaussures solides. Je veux dire, pas seulement pour mes pieds. C'est important pour les patrons de nos grands multinationales chaussurières. C'est même au coeur d'une idée chère aux mordus de l'économie libérale : voter avec ses pieds.

Au départ, c'est pas spécialement un concept propre au libéralisme. ça veut juste dire que si t'es pas content là où t'es, tu te casses dans le pays voisin et c'est ton gouvernement qui est bien mari, si toute une partie de sa population vote contre lui avec ses pieds et qu'il se retrouve tout seul comme un idiot. On en a des exemples fameux, même en contexte pas démocratique du tout. Comme par exemple quand les protestants de France ont tous voté avec leurs pieds contre Louis XIV pour protester contre la révocation de l'Edit de Nantes. Ou quand la tribu des Ougaïoki a voté avec ses pieds vers le sud pour protester contre la migration des aurochs (vers le sud, là aussi) pendant la seconde glaciation. Ou quand plein de Berlinois de l'Est ont voté avec leurs pieds contre les autorités Est-Berlinoises qui avaient salement amoché leur cadre de vie et niqué plein d'espaces verts en construisant ce grand mur tout crade. Ah non, pardon, là, justement, ils l'ont pas fait. Bref, c'est pas une idée follement originale, non plus.

Sauf que les libéraux de chez nous, ils adorent, l'idée de voter avec ses pieds. ça les rengorge tout plein rien que d'y penser. ça les fait rire d'un petit rire gras et satisfait. Oh, oui, tous ces gens qui exportent leurs talents et leur pouvoir d'achat outre-manche par exemple, c'est bien la preuve qu'ici on a trop d'impôts, trop de réglementations sur le travail, trop de temps libre, trop de police, ah, tiens, ça, non, trop de police, curieusement, c'est jamais considéré comme un paramètre répulsif par les gens qui parlent de voter avec les pieds. C'est ça qui est pratique, dans le vote avec les pieds: c'est comme les entrailles d'animaux, on peut les interpréter à peu près comme on veut.

Donc en gros, voter avec ses pieds, c'est un arguments pour dire que s'ils pouvaient parler, les chats choisiraient Whiskas. Pardon, je voulais dire, s'ils pouvaient voter, les pieds choisiraient le pays où il y a le moins de réglementations. A commencer par les pieds des ouvriers des usines de chaussures de sport, bien entendu.

Bon évidemment, y'a des rabatteurs de joie qui diront que c'est bien beau, le vote avec ses pieds, mais c'est pas donné à tout le monde, parce qu'il y a des obstacles, genre océans, chats à garder, enfants à scolariser, diplômes pas reconnus, lois sur l'immigration, tout ça tout ça. Déjà, c'est tout un bazar, pour voter avec ses pieds. C'est pas comme le bureau de vote en bas de chez moi où je peux aller en tongs si ça me chante.

Alors si en plus ils nous filent des chaussures en papier crépon, les grands patrons des multinationales chaussurières.

Vanité des vanités, autant marcher nu-pieds.
par Jerry publié dans : Bananience
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Mardi 15 avril 2008
La bananience appartient à la même branche du savoir que la pataphysique. Elle fournit de même des produits nourrissants, légérement farineux et appréciés des enfants, mais en hauteur et plus faciles à éplucher.

La bananience, c'est la science des régimes de bananes et des républiques bananières.

Alors promis, à partir d'aujourd'hui, on vous dit tout ce qu'on sait sur les régimes de bananes.

Et sur les républiques bananières.
par Jerry publié dans : Bananience
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Lundi 7 avril 2008
Certains l'auront remarqué, on diffuse en ce moment même des films sur nos écrans nationaux.
Oui, des films.
Enfin, on en diffuse surtout un. Les autres, on les projette, ça fait moins de bruit.

Ce film qu'on diffuse, c'est Bienvenue chez les Ch'tis.
Nous savons que vous l'avez vu. Tout le monde l'a vu, et même si vous ne l'avez pas vu, vous l'avez vu.

Une charmante comédie sur le choc des cultures entre le Sud de la France au parler chantant, et le Nord de la France, au parler chuintant.

Je ne sais pas du tout ce qu'il y a dedans, et j'espère que c'est drôle sinon c'est inquiétant. La dernière fois que j'ai vu un film de Dany Boon avec Dany Boon, ça s'appelait La maison du bonheur, c'était une adaptation de son spectacle, et Jerry a pleuré pendant quasiment tout le film, avant de découvrir que non, ça n'était pas un drame réaliste sur le surendettement, mais une comédie familiale sur Dany Boon. Je dis bien sur Dany Boon, parce qu'il se fait marcher dessus pendant tout le film.

Donc Bienvenue chez les Ch'tis, j'espère au moins que c'est marrant, vu l'époque qu'on se trimballe. Je dis ça, je dis rien.

Mais si je ne connais pas le film, il y a quelque chose que je connais, ce sont les chiffres. Car le cinéma, ce n'est pas seulement des stars, de l'émotion ou des photos intimes d'actrices répandues sur internet. Non, le cinéma, c'est bien plus que cela, le cinéma, c'est surtout des chiffres.

Et les chiffres de Bienvenue chez les Ch'tis, on en entend beaucoup - beaucoup - parler. Pourquoi ? Parce qu'effectivement, ils sont intéressants.
Bienvenue chez les Ch'tis est entré en lice avec Titanic.
Titanic, rappelez-vous, c'est le gros bateau qui coule, les passagers de 3e classe noyés dans l'eau glaciale, les 1ères classes grelottant dans les canots, et une chanteuse canado-quebecoise qui crie très fort parce qu'on la voit pas à l'écran.
Les Ch'tis fait aujourd'hui quelque chose comme 17 millions d'entrée, et Titanic, le record de tous les temps, en a fait 20 millions - sur le territoire français.
On espère donc que les Ch'tis va le titaniquer.

(bruit d'un plat dans une piscine)

Bon, il n'y a pas des masses de chance, pour être franc. En bientôt sixième semaine, les Ch'tis a vraisemblablement dépassé son pic d'exploitation, on peut raisonnablement estimer qu'il entre en phase descendante, et 3 millions d'entrées, ça reste du peuple à faire venir.

Par contre, ce qui est vrai, c'est que les Ch'tis a battu la Grande Vadrouille en terme de fréquentation absolue. La Grande Vadrouille, c'est 17 millions d'entrées, pour faire simple. Et on estime que les Ch'tis l'ont pour l'instant battu de genre 10 000 entrées. Pas de beaucoup, quoi. Je sais 10 000 entrées, c'est 10 000 fois le score d'un film d'auteur tchèque en France. Mais pour les Ch'tis, c'est rien.

La Grande Vadrouille... souvenez-vous. Bourvil, De Funes, les nazis, les Anglais... ah là là, cette marrade. Les répliques mythiques...
"Si les cons volaient, j'en connais qui seraient chef d'escadrille !"... "mais qu'est-ce que c'est que ce biiiiin's !"..... "Et mes fesses, tu les aimes, mes fesses ?"
*Soupir*
Ah, là, là, que de souvenir. 1966. Le Général était encore là.

1966, donc, la Grande Vadrouille. La France comptait alors 48,9 millions d'habitants.
2008, les Ch'tis. La France compte 61,8 millions d'habitants.

Je veux pas dire, mais la fréquentation absolue à 11,9 millions près, c'est un peu comme qui dirait pas tout à fait un mensonge, mais comme une grosse illusion d'optique.

On ne va pas en vouloir à un média de ne pas préciser ce genre de chose. Personnellement, il y aurait tellement de truc à reprendre aujourd'hui dans la société de l'information que critiquer la brève sur les Ch'tis, c'est un peu s'attaquer à du moulin à vent.  Je ne dirai même rien sur l'absence de lien entre la qualité d'un film et son succès en salle.

Non, la question qui me vient c'est : pourquoi ? Tout le monde s'en fout, justement. Pourquoi ne pas dire qu'en fréquentation relative, les Ch'tis fait largement moins bien que la Grande Vadrouille ? Et que du point de vue des professionnels du secteur, il faudrait une intervention divine pour que les Ch'tis rejoigne effectivement Titanic ? Pourquoi faire miroiter des choses pas tout à fait vraies pas tout à fait fausses pour faire briller les Ch'tis ?

Pour relayer la communication du distributeur du film ?

Pour conforter le public dans un film qu'il a déjà plébiscité ? Pour assurer la vente du dvd ? Pour prêter qu'aux riches ?

Ou simplement pour meubler ?

Si c'est pour meubler, alors là, comme je les comprends.
par Tom publié dans : Confiture
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Mardi 1 avril 2008
(Ce billet est ma première contribution à un groupe de travail très sérieux sur "le glamour dans la littérature internationale, des origines à nos jours".)

    Il y a une mode absurde qui veut qu'on change le titre des bouquins étrangers. C'est idiot. Pourquoi parler de "La Foire aux vanités" alors que le bouquin de William Makepeace Thackeray (le mal nommé) s'appelle Vanity fair ?


    Vanity fair. A première vue, un titre un peu énigmatique. En fait, pas tant que ça, vous allez voir. Pour "vanity", c'est très clair: un vanity, c'est une sorte de petite valise qui sert aux dames soignées pour emporter leurs produits de beauté en voyage. Quant à "fair", bon, ça, tout le monde comprend, malgré la faute d'orthographe, mais enfin de nos jours, on ne peut pas être trop exigeant. Laissez tomber toute cette absurdité pompeuse de "foire aux vanités", le titre signifie donc, littéralement, "faire son vanity".

    Et en fait, c'est très mensonger, comme titre. Parce que les dames qui savent faire leur vanity, dans cette histoire, et qui sont toujours bien maquillées et à la pointe de la mode, qu'est-ce qu'elles se mangent pas comme méchancetés de la part de l'auteur. Du coup, en définitive, on n'apprend à peu près rien sur l'art et la manière de bien faire son vanity. Au contraire même, il choisit comme héroïne de son "roman sans héros" une jeune fille, Amélia, qui, soyez-en sûrs, est une vraie quiche pour faire son vanity : la preuve, elle est super jolie au naturel. Quelle dinde.

    En fait, si l'auteur avait été un tant soit peu honnête avec sa lectrice, Amélia aurait profité des bons conseils de sa copine Rebecca, celle qui sait super bien faire son vanity, et on aurait eu un roman d'apprentissage tout à fait correct à la fin duquel l'anti-héroïne aurait tout appris sur l'art du maquillage élégant et économique à la fois. Et du coup, la lectrice aussi, voyez comme c'est malin, les romans d'apprentissage.

    Au lieu de ça, elles ne restent pas longtemps copines. Faut dire qu'elles ont pas grand'chose en commun. Amélia est brune et fille d'un riche homme d'affaire. Et elle n'est pas seulement gentille, elle est super méga kawaii. Rebecca est blonde et fille d'un peintre sans le sou et d'une danseuse d'opéra française (!), et ses parents sont tout crevés par-dessus le marché. Et elle n'est pas seulement méchante, à chaque fois qu'elle fait quelque chose qui a l'air gentil, c'est soit par intérêt, soit d'une manière tellement tordue qu'en fait c'est une méchanceté quand même.

    Pour résumer... Comment dire. Au début du bouquin, l'auteur se drape dans sa toge, prend un air inspiré et écrit:

    "The world is a looking-glass, and gives back to every man the reflection of his own face. Frown at it, and it will in turn look sourly upon you; laugh at it and with it, and it is a jolly kind companion; and so let all young persons take their choice."

    (Traduction Parking sur cour (c) : "Le monde est un miroir, et rend à chaque homme le reflet de son propre visage. Froncez les sourcils, en retour, il vous regardera avec aigreur ; riez avec et de lui, ce sera un joyeux compagnon ; que tous les jeunes gens choisissent ainsi leur camp.")
    En gros, le monde se comporte avec vous comme vous avec lui. Bon. Bien. Sauf que par la suite, William Makepeace Thakeray raconte exactement le contraire pendant 800 pages bien tassées, où tout sourit à la vilaine et malveillante Rebecca tandis que la gentille et généreuse Amélia sert plus ou moins de punching-ball aux coups du sort : un entraînement pour tous les malheurs de l'humanité.


    A la fin, heureusement, en deux coups de cuillère à pot, les gentils seront récompensés et les méchants... Non, les méchants ne seront pas punis. Mais la morale est à moitié sauve.

    Le but, entre-temps, c'est surtout de montrer à quel point les gens du monde ne jugent que par les apparences, lesquelles s'acquièrent soit par l'argent, soit par le mensonge (ou encore les deux à la fois, puisqu'on peut gagner de l'argent par le mensonge). Le monde tel que nous le décrit Thackeray est tellement moche qu'il donnerait volontiers envie de se suicider, s'il n'était pas aussi drôle. Parce que Thackeray, c'est décidément un écrivain malhonnête. C'est quelqu'un qui prétend dénoncer à tour de bras, et qui au lieu de ça vous fait rire à tour de gorge. C'est quelqu'un qui parle d'escroquerie et la pratique en écrivant. Vanity fair, c'est à peu près aussi efficace comme roman moral que Les Liaisons dangereuses. William Makepeace, avoue, si le monde que tu pourfends était meilleur, tu ferais quoi de ta plume, hein? Tu te la mettrais derrière l'oreille pour aller faire de la comptabilité.

    Pour conclure, Vanity fair, c'est drôle, c'est brillant, c'est souvent très fin, à part, bien sûr, cette image ultra lourdingue de la foire aux vanités sur laquelle l'auteur revient sans cesse avec de gros sabots, on aurait pu s'en passer, mais après tout, il suffit de sauter ces quelques paragraphes pour avoir un honnête bouquin malhonnête.
par Jerry publié dans : Confiture
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Mardi 25 mars 2008
    On va dire que l'histoire du gaz touche à sa fin.
    Et après l'histoire du gaz, ben après, on a beaucoup parlé, Jerry et moi.

    A l'origine, on a fait ce blog parce que quand on a commencé à chercher un appartement en région parisienne, on est tombé - peut-être c'était la période de l'année peut-être c'était le destin - sur une suite de plans pourris comme c'est difficile d'en voir autant d'un coup en plusieurs années de recherche d'appartement à Paris. On a alors trouvé plus pratique de faire un blog plutôt que de répéter les mêmes histoires à tout le monde. On a clos une première fois ce blog après avoir trouvé le logement qu'on cherchait.

    Et puis là, on a un peu eu des déconvenues, et on a trouvé ça plutôt ironique, du coup on a rouvert le blog pour que tous ceux qui nous haïssaient puissent rigoler un bon coup sur notre dos, parce que vous voyez, on est gentil, on pense à tout le monde.

    M'enfin, voilà voilà, le gaz... maintenant, il fait pshitt dans les conduites.

    Alors moi j'étais d'avis d'achever ce blog à coup de pelle et jeter son corps dans la rivière qui passe derrière chez nous. Il serait passé inaperçu au milieu des déchets industriels.
    Mais Jerry a dit que non, que c'était dommage, que finalement, on pouvait peut-être le laisser vivre, le laisser évoluer, d'autant plus qu'elle n'étais pas sûre que ça soit légal, rapport aux lois sur l'environnement.

    Quand elle a dit ça, le blog, il levait des yeux plein d'espoir, mais moi j'ai dit qu'un bon blog, c'est un blog mort. Je sais pas pourquoi j'ai dit ça, mais je me suis regardé dans la glace pendant que je le disais, et j'avais l'air super cool - même si j'ai arrêté de fumer et que du coup j'avais pas l'air aussi cool que j'aurais pu.

    Mais Jerry, elle a dit : "Nombreux sont les blogs qui vivent et qui méritent la mort. Et d'aucuns meurent, qui méritent la vie. Peux-tu la leur donner ?" et j'ai trouvé ça pas très fair-play de piquer des répliques dans le Seigneur des Anneaux.

    Comme je ne savais pas quoi dire, j'ai donné des baffes au blog parce que c'est de sa faute si j'avais l'air minable à pas trouver des répliques.

    Donc pour l'instant, le blog est à la cave.

    Bon, ça c'est sûr, pour l'instant il est un peu malingre, voire maladif. Faut dire qu'on a pas vraiment varié son alimentation, les premiers mois. Nourrir un blog d'immobilier et de problèmes de tuyauterie, c'est un peu comme manger exclusivement du manioc et de l'eau bouillie, c'est pas super bon pour la croissance. En même temps, le blog, quand il nous a parlé nutrition, on lui a répondu qu'il y avait des tas de petits africains qui vivaient comme ça et qui s'en contentaient très bien. Et puis en voyant les larmes poindre dans son petit visage sombre, on a dit OK, OK, on va étudier le côté vitamines et acides gras essentiels.

    Pour les nourritures solides, on avait déjà un peu effleuré le sujet, vu que chercher des apparts, c'est comme visiter l'envers de l'organisation sociale, là où y a les rats, les trucs qui sentent bizarre et les fils qui pendent. Donc on va augmenter l'apport en protéines et en sucres lents avec des textes super engagés qui vont révolutionner le monde - enfin, le monde des textes super engagés.

    Et puis pour les cinq fruits et légumes par jour, on verra ce qu'on trouvera, mais promis, ce sera pas de la carotte.

    Avec ça, il a intérêt à devenir grand et solide, le blog, et à être le soutien et la consolation de nos vieux jours.

    Non mais ho.
par Tom et Jerry
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Vendredi 14 mars 2008
Parce que décidément, cette histoire était appelée à rebondir avec autant de persévérance qu'un marsupilami sous acide.

Un mois environ après la fin de tout, je veux dire, le début de tout, enfin bref, au moment où on était à peu près complètement sortis d’affaire, on commençait à perdre le réflexe de grelotter du matin au soir, et c’est là qu’on a été invités pas Titi et Grand Minet. Titi, c’est la sœur de Jerry, et Grand Minet, c’est son Tom à elle, ils sont tous les deux gentils comme tout et ils habitent, eux aussi, une jolie petite maison juste pas trop loin de Paris.

Et chez Titi et Grand Minet, c’était chouette, tout le monde était détendu et de bonne humeur, Titi avait fait une cuisine éblouissante, les cadeaux de Noël en avance étaient tous parfaits, et il faisait froid.

Non parce qu’il faut savoir, Titi et Grand Minet, ils ont un joli jardin, et c’est chouette de manger dehors. Mais pas au mois de décembre. Non, ça, personne ne le fait. A part le papa de Titi et Jerry, mais lui, il a dû louper l'entrée de son terrier un jour et se cogner la tête trop fort, bref, il est un peu spécial. Donc, au mois de décembre, chez Titi et Grand Minet, on mange pas dehors.

Et pourtant il faisait froid. Et pourtant la chaudière n’était pas en panne, les tuyaux à gaz n’étaient pas en dentelle de Calais, et les radiateurs ne jouaient pas en sourdine les grandes eaux musicales. Non, chez eux, c’est juste la maison qui est pleine de trous, et les radiateurs, comment dire, les radiateurs, c’est un peu comme s’ils avaient couru un marathon, une fois dans leur vie, et que depuis ce jour-là ils avaient décidé que non, vraiment, l’effort c’est trop fatiguant, alors plus jamais.

Mais bon, c'est pas comme s'ils avaient pas l'habitude, hein, Titi et Grand Minet. Vu que dans leur ancien appartement, y'avait des courants d'air tellement denses que c'était devenu un spot ultra réputé chez les insectes surfeurs.

Et puis c'est pas comme s'il n'y avait qu'eux, aussi, à vivre dans un endroit "de charme", "coup de coeur", "avec du caractère". Oh, oui, je pense à toi, toi qui disposes dans ta salle de bain une installation électrique de pointe avec des fils qui passent sous la douche. A toi également, qui as des jours tellement grand entre le cadre et la fenêtre que tu peux y stocker tes provisions. A vous aussi qui, habitant au-dessus d'un porche, bénéficiez d'un système thermique ingénieux, le caillage par le sol. Enfin à vous tous qui avez des murs percés, des fenêtres en papier crépon, des radiateurs à digestion lentes, des portes facétieuses, des fusibles rigolos, des égoûts farceurs.

Un peu comme si, après tout, trouver un appartement en région parisienne, c'était tellement difficile, et puis tellement cher aussi, déjà, d'avoir un toit sur la tête, qu'on allait quand même pas demander en plus un logement décent, ho, hé. ça, c'était pour la morale de l'histoire.

Mais comme Tom va encore m'accuser de démoraliser tout le monde, je conclurai sur cette bonne parole optimiste et pleine d'encouragements qu'on a fini par graver sur la porte, tellement on l'a entendue : "ah, mais ça soude les couples, ça!"
par Jerry publié dans : L'histoire de comment on a eu froid
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Lundi 3 mars 2008
    Maintenant que Jerry a déprimé tout le monde, qui c'est qui doit remonter le moral ? C'est bibi.
Y en a, je vous jure, ils pensent qu'à eux, jamais à bibi.

    Alors pour remonter un peu le moral, on va dire que l'histoire du gaz touche à sa fin. Pas dans cet épisode, mais dans l'autre.

    Pour monsieur Basilic, la petite anecdote du jour, c'est qu'on a échangé la chaudière qui avait besoin d'une cheminée qu'on avait pas avec une chaudière à ventouse, qui n'a pas besoin de cheminée. Mais la chaudière à cheminée, on l'a pas jetée. Monsieur Basilic, lui il a une cheminée de cinq mètres, qui tire comme un réacteur de Boeing. Et il avait une chaudière qui datait de 1919. Cette chaudière, c'est le seul remboursement que l'Armée Révolutionnaire a bien voulu lui faire sur ses emprunts russes. C'est pas par générosité, d'ailleurs. C'est juste que Lénine en pouvait plus d'entendre monsieur Basilic se plaindre, alors ils lui ont donné une chaudière (la photo est incroyablement ressemblante).

    Donc cette chaudière de 1919, monsieur Basilic l'a remplacée par celle qu'il avait fait installer à l'origine chez nous, histoire de pas tout perdre non plus. Il gagnait au change, à vrai dire. Il gagnait presque quatre vingts ans de progrès technique, sur une période plutôt avantageuse, question progrès technique.
    Assez rapidement, la nouvelle chaudière qui venait de chez nous, elle est tombée en panne, et monsieur Basilic s'est retrouvé chez lui, avec plein de progrès technique mais sans chauffage.
    Pendant plusieurs jours.

    Quand on a appris ça, nous, aussitôt, on n'a fait ni une ni deux : on lui a conseillé de mettre un Damart.
par Tom publié dans : L'histoire de comment on a eu froid
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Tom et Jerry

vont refaire le monde, mais en commençant par un blog, parce que sinon ça fait beaucoup.

"L'homme est né bon, mais faut pas le faire chier." (Jean-Jacques Rousseau)

"Bats ton âne pendant que tu es dessus. Si tu ne sais pas pourquoi, lui non plus." (sagesse ancestrale hindoue)

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