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Confiture

Jeudi 7 janvier 4 07 /01 /Jan 16:43
Le Très Gothique Graphopathe m'ayant taguée tout Léthé, je me trouva fort d'idées pourvue quand sa bise fut venue (on peut toujours rêver). Me voilà donc à plancher sur le sujet suivant :

"Vous êtes au centre commercial (hem... Disons donc dans la rue commerçante de Parkingsurcourville. Si, si, les trois boutiques, là-bas) quand les zombies attaquent. Vous avez :
1. Une arme
2. Une chanson qui passe dans les haut-parleurs
3. Une personne célèbre pour se battre à vos côtés."

Eh bien disons :

1. Une faux bien équilibrée, quoi, que ce ne soient pas toujours les mêmes qui s'amusent.

2. J'aurais bien pensé à du Björk, histoire de poutrer du zombie sur un rythme entraînant, par exemple There's more to half-life than this. Mais on va plutôt choisir de diffuser un bootleg de Cranberries ("What's in your head, in your heaaad, zombie") et Charles Trenet ("Une noix, qu'y a-t-il à l'intérieur d'une noix ?"), histoire d'avoir le mode d'emploi bien en tête.

3. Personne, évidemment.

Et je refile le bébé à Crazy Cat Lady, en guise de cadeau de mariage.
Par Jerry - Publié dans : Confiture
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Mardi 14 juillet 2 14 /07 /Juil 20:15


Ah ! qui dira jamais le charme de ce square
Où je venais, enfant, fumer mon pét' le soir ?


Anonyme, Parking/Cour, vers de circonstance "Fête nationale", retrouvés en 2009 sur le fond d'une canette de Kro, sans doute milieu du XIXe siècle.


Nous avons le plaisir de vous offrir, en ce jour symbolique, la version tout spécialement remastérisée pour l'apprentissage scolaire :

Ah ! quel Français dira jamais le charme français de ce square français
Où je venais, enfant français, fumer mon pét' le soir français ?





Par Tom et Jerry - Publié dans : Confiture
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Mercredi 31 décembre 3 31 /12 /Déc 18:50
(Ce billet est ma cinquième et dernière contribution à un groupe de travail très sérieux sur "le glamour dans la littérature internationale, des origines à nos jours".)

Pour Virginia Woolf dans A Room of one's own, la meilleure raison pour encourager les femmes à écrire, c'est qu'elles seules peuvent offrir aux hommes un point de vue qu'ils n'auront jamais sur eux-mêmes - de même que seuls les écrivains mâles peuvent amener les femmes à se voir sous un jour inconnu, un peu comme si chaque sexe avait à l'arrière de la tête un point caché à ses regards, un angle mort que seul le sexe opposé pouvait voir - et ainsi, en retour, lui faire voir.

Et ce rôle, que Jane Austen assumait fort bien au regard de la gent masculine dans Orgueil et préjugés, c'est Charles Dickens qui s'y colle en symétrique pour révéler l'envers des femmes dans Les Grandes espérances. Car croyez-le ou non, Les Grandes espérances, c'est un roman sur les femmes. Oui, malgré les personnages principaux masculins qui seront, comme on s'y attend, très malheureux, très heureux, puis à nouveau très malheureux, puis encore plus heureux, malgré la franche camaraderie des pères, des amis, des camarades, malgré l'ambiance dark gothique avec steppes brumeuses et glas sonnant qui m'a longtemps fait croire que ce roman avait un lien avec la chanson superlativement virile des Pink Floyd, High hopes, alors qu'en fait non, le titre anglais, c'est Great expectations, quelle great deception, malgré le côté Trois mousquetaires, malgré le côté histoire de pirates et société secrète, non, malgré tout cela, Les Grandes espérances est en réalité un roman sur the dark side of the girls.

La femme qui bat son mari
Première figure féminine du roman, soeur et mère adoptive du narrateur, Mme Gargery est, selon son époux, "un beau corps de femme". Et c'est à peu près tout ce qu'on peut dire en sa faveur, la tête au-dessus de ce "beau corps de femme" apparaissant comme perpétuellement défigurée par les passions violentes : à toute heure du jour, elle tombe sur son mari et son frère à coups d'injures, de poings, de bâton. Mme Gargery, c'est douze femmes en colère à elle toute seule. Et pourquoi en colère ? En apparence, pour rien. Mais si on creuse un peu, on voit que Mme Gargery, elle a les épaules à la fois frêles et solides. Elle a les épaules solides parce qu'il faut bien : être femme d'un forgeron au XIXe siècle, ce n'est peut-être pas la condition la plus difficile qui soit, mais enfin c'est quand même une grosse charge à supporter toute seule. Et frêle en même temps parce que visiblement, ces responsabilités de mère de famille, elle a dû les assumer vachement, vachement trop tôt, à la mort de ses parents à elle. La preuve, elle sert toujours de mère à l'un de ses tout jeunes frangins. Pas une excuse, certes, mais Mme Gargery, c'est celle qui s'occupe de tout le monde alors que personne ne s'occupe d'elle. Et ça, ça l'aigrit, ça la met en colère, ça la rend violente et vindicative.

La femme qui dit "puisque c'est comme ça"
On a toutes eu cette tentation un jour de déception amoureuse : dire que "puisque c'est comme ça", c'est fini, que celui-là, c'était le dernier, qu'on ne se laisserait plus jamais avoir, qu'on allait s'enfermer toute seule dans sa chambre et ne plus voir personne, na. Eh bien Miss Havisham, elle, elle l'a fait. Elle a boudé toute sa vie. Elle s'est vraiment enfermée chez elle sans plus jamais revoir la lumière du jour suite à un chagrin d'amour. Bon, autant le dire tout de suite, ça esquiche sacrément la jugeotte, de ruminer plus de cinquante ans ses vieilles rancunes. Voire même, c'est contagieux : ce que montre fort bien Dickens, à travers cette seconde figure féminine, c'est la manière dont la folie revancharde d'une génération prépare allègrement la suivante à revivre, non pas exactement la même chose, mais en tous cas largement aussi mal. Miss Havisham, c'est la reproduction volontaire du malheur d'aimer.

La femme qui humilie les garçons
Jeunes filles qui me lisez, écoutez bien ce conseil : gardez-vous de vous moquer des jeunes garçons ! Gardez-vous de les juger communs, vulgaires, sales, inférieurs ou minables, et surtout de le leur faire savoir ! Oh oui, car c'est très pernicieux, ces choses-là. Si vous faites honte à un garçon, vous brisez son estime de soi. C'est très douloureux. Et en même temps, vous vous posez comme la norme supérieure de cette estime. De ce fait, il pensera sans cesse à vous. Il s'attachera à vous, voire même, avec un peu de malchance, pour toute la vie. Il n'aura de cesse d'avoir reconquis son estime, c'est-à-dire la vôtre. Non, vraiment, mesdemoiselles, si vous vous moquez d'un garçon, sachez-le, il va falloir assumer. C'est-à-dire, ensuite, au choix, l'épouser ou le tuer. Car lui ne vous lâchera pas. Estelle, la petite fille qui se moquait des petits garçons, c'est l'incarnation de la punition des bêcheuses.

La femme qui choisit le mauvais
C'est un phénomène bien connu des cours de récréation : deux garçons, deux camarades, sont attirés par la même jeune fille. Eh bien presque systématiquement, la jeune fille choisit le mauvais : celui qui a le moins d'affinités avec elle, celui avec qui l'histoire tournera court, celui même qui, éventuellement, la fera souffrir. Là, notre jeune fille, la même que la précédente, non seulement elle choisit le très très mauvais, mais en plus elle l'épouse. Qu'est-ce que ce mauvais choix systématique nous apprend sur les femes ? Une femme qui choisit le mauvais, c'est peut-être une future femme trompée, mais c'est surtout une femme qui se trompe : c'est une femme qui s'ignore elle-même au point de ne pas savoir ce qu'elle ressent. Comme celle qui bat son mari et comme celle qui passe sa vie à bouder, finalement, la femme qui choisit le mauvais est avant tout une femme coupée de ses émotions - comme beaucoup de femmes finalement.

La femme qui aime bien son papa
Oh, on la voit peu celle-là, et forcément, on la voit peu, parce que c'est une bonne fille, alors elle est souvent à l'étage, à s'occuper de son vieux papa. Oui, car une bonne fille doit aimer son papa. Même s'il est vieux et laid. Oui. Même s'il n'utilise l'eau que pour se laver, et encore. Oui. Même s'il ne s'exprime que par des hurlements. Même s'il est violent et grossier. Même s'il est plus proche d'une bête féroce que d'un père. Même s'il tyrannise son entourage - le seul entourage qu'il lui reste, c'est-à-dire sa fifille. Parce que la fifille, finalement, elle n'a nulle part ailleurs où aller. Oh, elle aimerait bien, sans doute, elle aimerait bien se marier, par exemple. Mais non. Parce qu'une bonne fifille, ça se doit de rester jusqu'au bout à se faire hurler dessus par son horrible papa. La petite Clara, c'est la dernière, c'est la plus modeste figure de la collection de femmes de monsieur Dickens. Et c'est peut-être celle qui nous permet de mieux comprendre, à travers ce mélange d'un impératif d'obéissance avec la réalité sordide de la maltraitance, comment une femme du XIXe siècle, obligée d'aimer ce que tout lui ordonne de haïr, se coupe de ses émotions.

Pour conclure, on reviendra un instant sur la structure du roman. Dickens se moque au chapitre XXXI de ces représentations théâtrales à petit budget où un même acteur revient, approximativement remaquillé, interpréter toutes sortes de personnages sans aucun rapport les uns avec les autres. C'est très économique, mais ça n'ajoute certes pas à la crédibilité. Eh bien Dickens fait exactement pareil avec les personnages de son roman. Il en dispose d'une bonne poignée, certes, mais au bout d'un certain temps, c'est comme s'il y avait pénurie : à chaque apparition nouvelle, c'est en fait une tête déjà connue qui vient jouer le rôle attendu, comme si chaque personnage resservait plusieurs fois, révélant des connexions tout à fait surprenantes dans les coulisses de l'intrigue. Et étrangement, alors que ce genre de procédé ruine le crédit d'une pièce de théâtre, là, dans le roman, cela ajoute plutôt à la solidité de l'intrigue - ou en tous cas à l'attrait de ce fascinant cauchemar de Noël que sont Les Grandes espérances.
Par Jerry - Publié dans : Confiture
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Jeudi 18 décembre 4 18 /12 /Déc 17:48
(Ce billet est ma quatrième contribution à un groupe de travail très sérieux sur "le glamour dans la littérature internationale, des origines à nos jours".)

La Chartreuse de Parme, c'est l'histoire de deux couples et d'une chartreuse. Une chartreuse, oui, vous savez, ce petit animal à robe grise et à poil soyeux. Bon, sauf que celle-ci est moins petite, moins soyeuse et plus froide que les chartreuses habituelles. Mais tout aussi grise.


Les deux couples – Stendhal semble les avoir créés un peu comme Dieu au premier jour, quand il créa le jour et la nuit : contraires.

D'un côté, vous avez la duchesse Sanseverina et son comte Mosca. Des drôles, ceux-là. De belles personnes, de beaux esprits, pleins de finesse et d'humour, solides, puissants, courageux, sensibles avec ça. Et qui vivent leurs amours avec ténacité, déployant des trésors d'intelligence et de tactique pour surmonter embûches et coups du sort. Les amours du comte et de la duchesse, c'est plein d'inventivité et de retournements, c'est souvent drôle, c'est parfois dangereux, ça se comprend à demi-mot, ça se moque du monde, ça cherche à vivre enfin avec honneur et dignité dans un Etat pourri par le despotisme et la corruption. La duchesse et le comte, c'est la beauté concrète, c'est la puissance au service de l'amour. C'est un peu grâce à eux que La Chartreuse de Parme, malgré sa longueur, n'est pas du tout un roman ennuyeux.

En face, Fabrice et sa Clélia. Et ces deux-là, ce sont des courants d'air. Evanescents, pâles, étourdis et aphones, leur histoire d'amour est à leur image : sans chair. Quelques mois de contemplation muette entre deux fenêtres, quelques années de soupirs en absence, quelques voeux absurdes et funestes, nuls projets, nuls traits saillants, nulles réalisations, amours si faibles finalement que l'auteur même, excédé de leur vacuité, s'en débarrasse avec violence trois page à peine après les avoir résolues. Clélia et Fabrice, c'est la fascination du vide.

Non, vraiment, ces deux couples ne semblent avoir été réunis que pour mieux faire ressortir l'être à côté du néant. Et pourtant, et pourtant. La Sanseverina, qui croyez-vous qu'elle aime à la folie ? Le comte, cet homme admirable ? Mais non, elle n'a d'yeux que pour Fabrice, ce clair de lune, ce bon à rien, ce minet ! Et Fabrice, est-il au moins attiré par la vraie perfection féminine de la Sanseverina ? Que non, puisqu'il aime une pucelle, une blondinette, une chétive et craintive créature, sans esprit et sans voix, pétrifiée de superstition dans son donjon poussiéreux !

C'est que Fabrice et Clélia disposent d'une arme magique qui leur permet de vaincre à tous les coups l'adversaire : ils sont... Jeunes. La Chartreuse de Parme nous raconte l'histoire du jeunisme triomphant. Même les plus valeureux s'y laissent prendre : le comte et la duchesse, ces êtres admirables, donneraient volontiers toutes leurs belles qualités pour avoir des joues de pêches et des yeux tout frais ; et chacun lâche la proie pour l'ombre, aveuglé par cette insaisissable idole, la jeunesse.

Le problème avec le jeunisme, c'est que c'est une valeur à forte volatilité. Priser la jeunesse, c'est comme spéculer sur les subprimes : ça va bien un temps, mais vient un jour où la bulle éclate, et là, en-dessous, il n'y a plus que du vent. Ainsi à force de miser toujours ce qui est pour espérer ce qui fuit, La Chartreuse de Parme finit sur cet écroulement de l'amour sur lui-même, tout ce qui est aimable aspiré dans le néant de ce qu'il aime ; ne survivent à cet effondrement des valeurs amoureuses que les choses finalement les plus vaines, la politique, l'argent, les gloires du monde.
Par Jerry - Publié dans : Confiture
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Jeudi 11 septembre 4 11 /09 /Sep 23:00
(Ce billet est ma troisième contribution à un groupe de travail très sérieux sur "le glamour dans la littérature internationale, des origines à nos jours".)

L'histoire d'Orgueil et préjugés tient en bien peu de mots : comment marier cinq filles lorsqu'on est un père désargenté et une mère stupide. L'issue de l'histoire laisse peu de doutes : après tout, l'espèce humaine s'est perpétuée depuis, c'est au moins un indice. Mais ce célèbre roman de Jane Austen présente, au-delà de l'histoire, un intérêt majeur : c'est, dans l'histoie de la littérature, le premiers romans entièrement construit comme une campagne de pub : trois slogans et un jeu-concours.

La compagne, ça vous gagne !
A la question : "que faut-il choisir, entre l'amour d'un époux et l'amitié des soeurs de celui-ci", Elisabeth, la jeune héroïne d'Orgueil et préjugés, propose une réponse bien à elle : mais qu'elles aillent se faire pendre, ces grognasses ! Là pourtant, à l'évidence, l'auteur veut vous vendre autre chose. Car Orgueil et préjugés, c'est avant tout une vraie pub pour la condition de la femme dans la bonne société anglaise du XIXe siècle. Or cette femme, quelles sont ses occupations ? Eh bien essentiellement se tenir compagnie mutuellement avec les autres femmes de la maison, rendre visite aux femmes de son entourage, coudre entre femmes, jouer de la musique entre femmes, se promener entre femmes, ou encore tout simplement bavarder entre femmes. Bref, les seules occupations acceptable sont doublement des occupations de gonzesse. Alors honnêtement, s'il y a une conclusion à tirer, c'est qu'elle avait plutôt intérêt, la femme, à entretenir de bonnes relations avec celles de sa belle-famille, sinon y'avait moyen de vivre le restant de ses jours dans une ambiance sacrément lourde. Un mauvais point, Liz.

Darcy, le contrat de confiance
Faudrait pas croire : Orgueils et préjugés, c'est aussi plein de conseils pour les garçons. Ne manquez pas les techniques de drague infaillibles de M. Darcy ! Pour faire mouche à tous les coups, commencez toujours par bien insulter votre fiancée avant de lui faire votre demande en mariage. Rabaissez-la, humiliez-la, soyez mesquin et injuste, n'oubliez pas de salir ses parents au passage. Cette tactique, un peu déroutante au premier abord, finit toujours par être payante. Si, si, promis : achetez le bouqun, on vous explique comment en 300 pages de lecture facile et distrayante.

L'enlèvement, quel bon plan !

Vous êtes jeune, pauvre, sans talents, lâche, dissolu et même un peu louche ? Enlevez une jeune fille, et la vie vous sourira ! Y'a qu'à voir. Vous enlevez une jeune fille. Bon. D'accord. ça, déjà, c'est bien. Que font ses parents ? A votre avis ? Ils vous poursuivent, ils vous grondent, ils vous traînent en justice ? Ben non. Les parents, s'ils la récupèrent, ils se retrouvent avec une jeune fille déshonorée sur les bras. Donc, impossible à marier, à une époque où la jeune fille vaut et se définit exclusivement par sa virginité. Alors que font ses parents, je vous le demande ? Ils vous courtisent, ils vous veulent, il faut absolument que vous épousiez leur fille, ils vous paieront pour ça, ils vous trouveront une situation. Et si vous acceptez, alors que rien ne vous y oblige, entendons-nous bien, elle avait qu'à pas vous suivre, si vous acceptez, donc, le beurre, l'argent du beurre et les faveurs de l'héritière, vous pourrez même prendre de grands airs de magnanimité. Bref, enlevez une jeune fille, et vous serez traité en héros. Non, vraiment, c'est the bon plan du XIXe siècle.

Enfin, le Grand jeu-concours Orgueil et préjugés, pour lequel il vous faudra résoudre cette énigme :
Pourquoi, alors que toutes les jeunes filles sont "accomplies", toutes les mères sont-elle idiotes ?
Non, c'est vrai, chez Jane Austen, on ne voit que des jeunes filles prodigieuses, belles, élégantes, spirituelles, douées pour les arts, bien éduquées. Et par contre, la génération des mères, c'est la catastrophe. Des montagnes d'incongruités et d'inconvenances, et pas de descriptions physiques, par pudeur. Alors qu'est-ce qu'elles deviennent, les jeunes filles accomplies ? On les euthanasie à vingt ans pour les remplacer par des laiderons incultes qu'on avait gardées cachées jusque-là ? Toute personne qui proposera une solution pertinente à cette énigme gagnera, hm, disons, un peu d'orgueil et beaucoup de préjugés.
Par Jerry - Publié dans : Confiture
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Mardi 22 juillet 2 22 /07 /Juil 09:00
Mais puisque nous nous sommes fait taguer, pardon, graffiter par un obsédé de blog sexe, voici nos réponses au portrait chinois obsessionel de Maïa Mazaurette. De concert, en couple, et avec une unanimité confondante.

Si nous étions un slip, plutôt mourir que répondre à cette question, vu que la maman de Tom lit le blog.

Si nous étions un sextoy, nous irions nous cacher. La grand'mère de Jerry lit le blog.

Si nous étions un fantasme,  nous nous garderions pour nous : les potes de Tom lisent le blog.

Si nous devions faire l’amour avec un animal, un peu de pudeur, s'il vous plaît. Nos chats lisent le blog !

Si nous devions nous dire quelque chose à l’oreille pendant qu’on fait l’amour, on ne le crierait certainement pas à portée de celles des cousins de Jerry, qui lisent le blog.

Si nous étions Clara Morgane mais avec notre cerveau actuel, ce serait fâcheux que ça arrive jusqu'aux oreilles de l'équipe de rugby parkingsurcouroise, qui lit le blog.

Si nous étions une zone érogène, mais jamais de la vie tu le sauras ! Notre sous-préfet lit le blog.

Si nous étions un détail absolument irrésistible, nous ne saurions entrer dans ce détail. Le boss de Jerry lit le blog.

Si nous avions  une morale sexuelle, mais pourquoi diable avons-nous donné l'adresse du blog à notre conseiller fiscal ?

Si nous nous réveillions demain sans pénis ni vagin, mais c'est pas bientôt fini ? Il y a des enfants qui lisent ce blog !

Voilà voilà, bonjour au passage à Maman de Tom, Soeur de Jerry, Copains de Tom, Cousins de Jerry, etc. Et on passe donc le bébé à
Grenouille, ça lui apprendra, à Gauthier, ça le désennuiera, et à MonsieurF, ça le changera.
Par Tom et Jerry - Publié dans : Confiture
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Samedi 7 juin 6 07 /06 /Juin 09:00
(Ce billet est ma seconde contribution à un groupe de travail très sérieux sur "le glamour dans la littérature internationale, des origines à nos jours".)

Le titre sous lequel on connaît généralement cette belle nouvelle de Zweig, "Lettre d'une inconnue", n'est en fait qu'un abrégé du titre original : "Lettre d'une inconnue bête à bouffer du foin". Et en effet, feu l'héroïne de ce témoignage posthume est bien inspirée de mourir avant la réception de sa lettre, hors ça on pourrait y voir une excellente occasion de vérifier si, oui ou non, le ridicule tue.

Jugez seulement. A peine adolescente, cette jeune demoiselle tombe éperdument amoureuse de son voisin de palier, un écrivain à la mode. La belle aventure! Pas trop fatiguée, ça va? Elle n'est pas allée le chercher bien loin, l'amour de sa vie! Mais passons sur cette légéreté dans le choix, cette tendance à se satisfaire de peu qui pourrait, finalement, être la marque d'un tempérament bon et jovial.

Or loin de profiter de ses bonnes dispositions, la petite idéalise cet unique objet de la façon la plus risible. Idée idiote et à peu près la pire qui soit : pour "faire de lui votre toutou", comme dit le Professeur Diara (succès en amour, retour au domicile conjugal de l'être aimé, réussite aux examens et enlarge your penis), il faut commencer par le mépriser un peu, c'est bien connu. Au lieu de ça - mais c'est une catastrophe, cette fille ! Au lieu de ça, elle attend chacune de ses divines apparitions dans le hall de l'immeuble comme le dernier des clébards. De quoi faire peur à une armée de puceaux en manque, alors un homme à femmes, je vous dis pas.

Devenue jeune fille, elle retrouve son écrivain, se fait remarquer, lui plaît, il n'a absolument pas reconnu son ancienne petite voisine de palier mais qu'importe, jusqu'ici ça partait plutôt bien. Alors pourquoi, mais pourquoi donc faut-il qu'elle se donne à lui dès le premier soir ? Elle ne lit pas les magazines féminins, cette jeune fille? Jamais le premier soir, ja-mais ! - Ah bon, mais pourquoi? - Euh... Hmm... Pour plein de raisons. En tous cas, faut pas, la presse est unanime. Bref, sitôt dit, sitôt fait, notre jeune aventurière laisse une adresse à laquelle son courageux héros ne la recontactera jamais.

L'ennui, c'est qu'en plus, il est très très fertile, l'écrivain. Vu le nombre de conquêtes que Zweig lui prête et la rapidité avec laquelle la jeune fille tombe enceinte, il doit en avoir une tripotée, d'enfants cachés, ou alors c'est que celle-ci, sa maman ne lui a vraiment jamais rien appris. Bref, la pauvre enfant se retrouve en plein dans une chanson réaliste, obligée de vendre sa vertu pour nourrir son enfant.

Métier dans lequel elle se débrouille plutôt bien, d'ailleurs. Les hommes et les fortunes tombent comme des mouches autour d'elle. Elle séduit tous ceux qu'elle veut, sauf, justement, celui qu'elle veut vraiment.

Jusqu'au jour où elle le recroise par hasard, l'écrivain. Qui la regarde avec les yeux du loup pour Jessica Rabbit. Et il re-ne la reconnaît pas, et il la re-séduit, et elle est re-dégoûtée qu'il ne re-voie pas que c'est elle, bon sang, ELLE, mais enfin, ça crève les yeux, pourtant, non ? Bref, dernière et fatale erreur : dès le premier soir (selon lui), elle lui fait une scène aussi prise de tête que s'ils étaient un vieux couple (selon elle).

Gentiment, il la re-met à la porte avec re-des promesses de se re-voir qui re-demeurent lettre morte. Là-dessus, l'enfant clamse d'une mauvaise grippe, la mère met ses dernières forces dans une lettre où elle avoue tout, et elle meurt avant que le père ne la reçoive - comme ça c'est bien, pas de regrets.

Moralité, la jeune fille, plutôt que de l'admirer avec cette béatitude niaise et sans artifice, elle aurait drôlement mieux fait de prendre des leçons sur lui, l'écrivain. Lui, l'homme d'un soir, l'artiste en séduction, l'homme qui aime toutes les femmes - c'est-à-dire aucune - et conserve son pouvoir d'attraction précisément parce qu'il ne s'attarde pas.

Quoique. Réécrivons l'histoire en sens inverse. Notre jeune inconnue prend modèle sur son séducteur. Comme lui, elle multiplie les conquêtes sans lendemain, elle développe son sex-appeal par sa capacité à gâcher, à laisser tomber, à ne pas donner suite. Oh, elle l'aurait eu, son écrivain, à ses pieds, comme tous les autres.
Sauf qu'elle n'en aurait plus rien eu à secouer, à ce moment-là, de l'écrivain. Elle serait devenue, comme lui, indifférente à ses conquêtes. Elle aurait renoncé à ces vertiges délicieux de la passion absolue, idéale, pure, sans mélange et sans espoir. Blasée, elle se serait empêchée d'être attirée par lui, puisque c'est cela précisément qui fait tout louper à chaque fois. L'aimer et en être aimée, c'étaient là deux plaisirs exclusifs l'un de l'autre, et elle a, dès le début, choisi. C'est ce paradoxe qui fait qu'on lui en veut sans lui en vouloir, à cette inconnue bête à bouffer du foin.

Parce qu'on lui en veut, oui, à la fin, comme on en veut à un abominable gâchis qui nous frustre du happy end mielleux dans lequel on aurait tant aimé se complaire ; comme on en veut aussi, avec un peu d'envie, à ceux qui ont vécu jusqu'au bout leur plus fatale passion, quand on n'en conserve au fond de nous qu'un baroque souvenir.
Par Jerry - Publié dans : Confiture
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Lundi 5 mai 1 05 /05 /Mai 22:04
Tom et Jerry viennent d'adopter deux chats.

Ils fréquentent donc assidûment, comme il se doit, les forums sur les chats, où l'on trouve à peu près autant de réponses à ses questions sur les chats que l'on en trouve à ses questions sur l'amour dans les forums sur l'amour.

Et puis surtout, dans les forums sur les chats, on trouve, dans les signatures des membres, des citations sur les chats.

Par exemple celle-ci :

"De toutes les créatures de Dieu, il n'y en a qu'une qu'on ne mène pas à la baguette. C'est le chat."

ça, c'est de Mark Twain, nous dit-on. Et ce qui est excellent, dans les forums pour chats, c'est que cette citation, à part qu'il y a le mot "chat" dedans, c'est sans doute la phrase la moins inspirée de toutes celles qu'il a écrites, Marc Twain. Moi je dis, quand on a un nom aussi classe que Mark Twain, ça vaut vraiment la peine de signer ça.

Non mais honnêtement.

Passons sur les créatures de Dieu. ça arrive à tout le monde. Maintenant, cette histoire de baguette. Alors là, franchement, je m'insurge. S'il y a bien une bestiole qui apprécie la baguette, c'est le chat. Même si un bon pain aux céréales tranché peut parfaitement faire l'affaire, mais une baguette bien croustillante et fraîchement sortie du four, ah, pardon.
.
Ensuite, la laideur de la forme syntaxique au service d'une affirmation universelle péremptoire. La première phrase est ronflante comme si elle annonçait une révélation extraordinaire, façon Dix Commandements ; la seconde, plate et décevante dans son rythme, escamotant sous un aspect bâclé l'élément qu'elle visait à mettre en valeur. Aussi palpitant qu'une réclame pour une lessive : c'est pas moi, c'est le chat.

Et puis franchement, en faire tout un plat comme ça pour une affirmation tout aussi banale que fausse. Essayez seulement :

"De toutes les créatures de Dieu, il n'y en a qu'une qu'on ne mène pas à la baguette. C'est le koala musqué."

Ça a autrement plus de gueule, non ?
Par Jerry - Publié dans : Confiture
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Lundi 7 avril 1 07 /04 /Avr 22:27
Certains l'auront remarqué, on diffuse en ce moment même des films sur nos écrans nationaux.
Oui, des films.
Enfin, on en diffuse surtout un. Les autres, on les projette, ça fait moins de bruit.

Ce film qu'on diffuse, c'est Bienvenue chez les Ch'tis.
Nous savons que vous l'avez vu. Tout le monde l'a vu, et même si vous ne l'avez pas vu, vous l'avez vu.

Une charmante comédie sur le choc des cultures entre le Sud de la France au parler chantant, et le Nord de la France, au parler chuintant.

Je ne sais pas du tout ce qu'il y a dedans, et j'espère que c'est drôle sinon c'est inquiétant. La dernière fois que j'ai vu un film de Dany Boon avec Dany Boon, ça s'appelait La maison du bonheur, c'était une adaptation de son spectacle, et Jerry a pleuré pendant quasiment tout le film, avant de découvrir que non, ça n'était pas un drame réaliste sur le surendettement, mais une comédie familiale sur Dany Boon. Je dis bien sur Dany Boon, parce qu'il se fait marcher dessus pendant tout le film.

Donc Bienvenue chez les Ch'tis, j'espère au moins que c'est marrant, vu l'époque qu'on se trimballe. Je dis ça, je dis rien.

Mais si je ne connais pas le film, il y a quelque chose que je connais, ce sont les chiffres. Car le cinéma, ce n'est pas seulement des stars, de l'émotion ou des photos intimes d'actrices répandues sur internet. Non, le cinéma, c'est bien plus que cela, le cinéma, c'est surtout des chiffres.

Et les chiffres de Bienvenue chez les Ch'tis, on en entend beaucoup - beaucoup - parler. Pourquoi ? Parce qu'effectivement, ils sont intéressants.
Bienvenue chez les Ch'tis est entré en lice avec Titanic.
Titanic, rappelez-vous, c'est le gros bateau qui coule, les passagers de 3e classe noyés dans l'eau glaciale, les 1ères classes grelottant dans les canots, et une chanteuse canado-quebecoise qui crie très fort parce qu'on la voit pas à l'écran.
Les Ch'tis fait aujourd'hui quelque chose comme 17 millions d'entrée, et Titanic, le record de tous les temps, en a fait 20 millions - sur le territoire français.
On espère donc que les Ch'tis va le titaniquer.

(bruit d'un plat dans une piscine)

Bon, il n'y a pas des masses de chance, pour être franc. En bientôt sixième semaine, les Ch'tis a vraisemblablement dépassé son pic d'exploitation, on peut raisonnablement estimer qu'il entre en phase descendante, et 3 millions d'entrées, ça reste du peuple à faire venir.

Par contre, ce qui est vrai, c'est que les Ch'tis a battu la Grande Vadrouille en terme de fréquentation absolue. La Grande Vadrouille, c'est 17 millions d'entrées, pour faire simple. Et on estime que les Ch'tis l'ont pour l'instant battu de genre 10 000 entrées. Pas de beaucoup, quoi. Je sais 10 000 entrées, c'est 10 000 fois le score d'un film d'auteur tchèque en France. Mais pour les Ch'tis, c'est rien.

La Grande Vadrouille... souvenez-vous. Bourvil, De Funes, les nazis, les Anglais... ah là là, cette marrade. Les répliques mythiques...
"Si les cons volaient, j'en connais qui seraient chef d'escadrille !"... "mais qu'est-ce que c'est que ce biiiiin's !"..... "Et mes fesses, tu les aimes, mes fesses ?"
*Soupir*
Ah, là, là, que de souvenir. 1966. Le Général était encore là.

1966, donc, la Grande Vadrouille. La France comptait alors 48,9 millions d'habitants.
2008, les Ch'tis. La France compte 61,8 millions d'habitants.

Je veux pas dire, mais la fréquentation absolue à 11,9 millions près, c'est un peu comme qui dirait pas tout à fait un mensonge, mais comme une grosse illusion d'optique.

On ne va pas en vouloir à un média de ne pas préciser ce genre de chose. Personnellement, il y aurait tellement de truc à reprendre aujourd'hui dans la société de l'information que critiquer la brève sur les Ch'tis, c'est un peu s'attaquer à du moulin à vent.  Je ne dirai même rien sur l'absence de lien entre la qualité d'un film et son succès en salle.

Non, la question qui me vient c'est : pourquoi ? Tout le monde s'en fout, justement. Pourquoi ne pas dire qu'en fréquentation relative, les Ch'tis fait largement moins bien que la Grande Vadrouille ? Et que du point de vue des professionnels du secteur, il faudrait une intervention divine pour que les Ch'tis rejoigne effectivement Titanic ? Pourquoi faire miroiter des choses pas tout à fait vraies pas tout à fait fausses pour faire briller les Ch'tis ?

Pour relayer la communication du distributeur du film ?

Pour conforter le public dans un film qu'il a déjà plébiscité ? Pour assurer la vente du dvd ? Pour prêter qu'aux riches ?

Ou simplement pour meubler ?

Si c'est pour meubler, alors là, comme je les comprends.
Par Tom - Publié dans : Confiture
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Mardi 1 avril 2 01 /04 /Avr 12:42
(Ce billet est ma première contribution à un groupe de travail très sérieux sur "le glamour dans la littérature internationale, des origines à nos jours".)

    Il y a une mode absurde qui veut qu'on change le titre des bouquins étrangers. C'est idiot. Pourquoi parler de "La Foire aux vanités" alors que le bouquin de William Makepeace Thackeray (le mal nommé) s'appelle Vanity fair ?


    Vanity fair. A première vue, un titre un peu énigmatique. En fait, pas tant que ça, vous allez voir. Pour "vanity", c'est très clair: un vanity, c'est une sorte de petite valise qui sert aux dames soignées pour emporter leurs produits de beauté en voyage. Quant à "fair", bon, ça, tout le monde comprend, malgré la faute d'orthographe, mais enfin de nos jours, on ne peut pas être trop exigeant. Laissez tomber toute cette absurdité pompeuse de "foire aux vanités", le titre signifie donc, littéralement, "faire son vanity".

    Et en fait, c'est très mensonger, comme titre. Parce que les dames qui savent faire leur vanity, dans cette histoire, et qui sont toujours bien maquillées et à la pointe de la mode, qu'est-ce qu'elles se mangent pas comme méchancetés de la part de l'auteur. Du coup, en définitive, on n'apprend à peu près rien sur l'art et la manière de bien faire son vanity. Au contraire même, il choisit comme héroïne de son "roman sans héros" une jeune fille, Amélia, qui, soyez-en sûrs, est une vraie quiche pour faire son vanity : la preuve, elle est super jolie au naturel. Quelle dinde.

    En fait, si l'auteur avait été un tant soit peu honnête avec sa lectrice, Amélia aurait profité des bons conseils de sa copine Rebecca, celle qui sait super bien faire son vanity, et on aurait eu un roman d'apprentissage tout à fait correct à la fin duquel l'anti-héroïne aurait tout appris sur l'art du maquillage élégant et économique à la fois. Et du coup, la lectrice aussi, voyez comme c'est malin, les romans d'apprentissage.

    Au lieu de ça, elles ne restent pas longtemps copines. Faut dire qu'elles ont pas grand'chose en commun. Amélia est brune et fille d'un riche homme d'affaire. Et elle n'est pas seulement gentille, elle est super méga kawaii. Rebecca est blonde et fille d'un peintre sans le sou et d'une danseuse d'opéra française (!), et ses parents sont tout crevés par-dessus le marché. Et elle n'est pas seulement méchante, à chaque fois qu'elle fait quelque chose qui a l'air gentil, c'est soit par intérêt, soit d'une manière tellement tordue qu'en fait c'est une méchanceté quand même.

    Pour résumer... Comment dire. Au début du bouquin, l'auteur se drape dans sa toge, prend un air inspiré et écrit:

    "The world is a looking-glass, and gives back to every man the reflection of his own face. Frown at it, and it will in turn look sourly upon you; laugh at it and with it, and it is a jolly kind companion; and so let all young persons take their choice."

    (Traduction Parking sur cour (c) : "Le monde est un miroir, et rend à chaque homme le reflet de son propre visage. Froncez les sourcils, en retour, il vous regardera avec aigreur ; riez avec et de lui, ce sera un joyeux compagnon ; que tous les jeunes gens choisissent ainsi leur camp.")
    En gros, le monde se comporte avec vous comme vous avec lui. Bon. Bien. Sauf que par la suite, William Makepeace Thakeray raconte exactement le contraire pendant 800 pages bien tassées, où tout sourit à la vilaine et malveillante Rebecca tandis que la gentille et généreuse Amélia sert plus ou moins de punching-ball aux coups du sort : un entraînement pour tous les malheurs de l'humanité.


    A la fin, heureusement, en deux coups de cuillère à pot, les gentils seront récompensés et les méchants... Non, les méchants ne seront pas punis. Mais la morale est à moitié sauve.

    Le but, entre-temps, c'est surtout de montrer à quel point les gens du monde ne jugent que par les apparences, lesquelles s'acquièrent soit par l'argent, soit par le mensonge (ou encore les deux à la fois, puisqu'on peut gagner de l'argent par le mensonge). Le monde tel que nous le décrit Thackeray est tellement moche qu'il donnerait volontiers envie de se suicider, s'il n'était pas aussi drôle. Parce que Thackeray, c'est décidément un écrivain malhonnête. C'est quelqu'un qui prétend dénoncer à tour de bras, et qui au lieu de ça vous fait rire à tour de gorge. C'est quelqu'un qui parle d'escroquerie et la pratique en écrivant. Vanity fair, c'est à peu près aussi efficace comme roman moral que Les Liaisons dangereuses. William Makepeace, avoue, si le monde que tu pourfends était meilleur, tu ferais quoi de ta plume, hein? Tu te la mettrais derrière l'oreille pour aller faire de la comptabilité.

    Pour conclure, Vanity fair, c'est drôle, c'est brillant, c'est souvent très fin, à part, bien sûr, cette image ultra lourdingue de la foire aux vanités sur laquelle l'auteur revient sans cesse avec de gros sabots, on aurait pu s'en passer, mais après tout, il suffit de sauter ces quelques paragraphes pour avoir un honnête bouquin malhonnête.
Par Jerry - Publié dans : Confiture
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Tom et Jerry

vont refaire le monde, mais en commençant par un blog, parce que quand même, c'est fatigant.

"L'homme est né bon, mais faut pas le faire chier." (Jean-Jacques Rousseau)

"Bats ton âne pendant que tu es dessus. Si tu ne sais pas pourquoi, lui non plus." (sagesse ancestrale hindoue)

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