Samedi 6 février 2010
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17:36
(Car en matière de titres avec des jeux de mots pourris lorsque Dieu est en panne et le Maître en rade il faut bien
compenser.)
Cela m'a frappée le jour où un vendeur d'un magasin de blousons a essayé de me racoler à coups de "bravo pour ton look" (oui, c'est le risque si vous traînez aux abords du troisième étage de ce
centre commercial, là où il n'y a plus que des cuisines intégrées, des gadgets pour papis et Nature & A poils, loin des Zarats, des Jairiennafer et des Mangro et des jolies filles bien sapées
afférentes, si vous vous aventurez là-haut donc, par un sutil effet d'optique appelé "contextualisation", vous avez beau être habillée comme pour rester chez vous, le simple fait de porter un
chapeau fait de vous quelqu'un qui "a un look" et donc le vendeur vous dit qu') "On cherche des jeunes qui présentent bien pour diffuser notre image, tu aimes le cuir ?"
Et comme ça aurait été trop long de lui expliquer qu'en fait, je réprouve le consumérisme de notre société de consommation qui pousse à trop consommer alors tu vois, me transformer en objet
publicitaire pour aguicher les consommateurs pas trop, je lui ai plutôt dit que j'aimais les animaux et que je ne m'habille pas avec de la peau d'animal mort, la mienne me suffit, merci (et un
peu de coton aussi).
Je suis donc repartie après l'avoir aspergé de sang, lui et sa boutique (nan en fait c'était du ketchup, je suis pas sadique, je sais bien que le sang c'est super dur à faire partir sur les
vêtements ensuite). Et là, ce qui m'a frappé, c'est que j'avais dit un gros mensonge.
Je ne mange pas de viande, mais je porte du cuir. A mes pieds. Tiens, pas plus tard qu'aujourd'hui. Et hier, encore. Mes tennis me brûlaient soudain.
Et finalement c'est vrai, c'est assez contradictoire que de vouloir la peau de l'animal mais pas la chair qui l'a habitée. Après tout la bestiole est morte, pourquoi gâcher. Alors je suis allée
m'acheter des escarpins ET un cheeseburger. Non, je blague. Alors j'ai commencé à réfléchir à des chaussures assorties à mon assiette (car je suis devenue frileuse depuis l'époque où je me
baladais nu-pieds en ville, et puis c'était en été et assez loin vers le sud).
Mais des chaussures sans cuir, tu mets quoi, sur tes pieds, à part des chaussettes, et dans ce cas tu vas pas loin ? Eh bien cela va de soi, tu mets des chaussures vegan. Les chaussures vegan, ce
sont des chaussures, tu dirais du cuir, mais c'est pas du cuir. C'est du...
C'est là que ça a commencé à mal tourner, mon histoire. Parce que j'imaginais ça super vert, les chaussures vegan, avec des trucs en chanvre, en algues et en cire végétale, avec des procédés
super futés pour que ça te fonde pas entre les doigts de pieds et que ça dure dix ans même en faisant Paris-Kathmandou à pieds tous les six mois, mais en fait, les matériaux des chaussures vegan,
c'est chimique, synthétique, plastique, produits dérivés de pétrole et compagnie. Alors je veux bien, le plastique c'est fantastique, mais c'est pas ça qui va arranger les animaux si on remplace
le tannage du cuir par des industries hyper polluantes pour fabriquer des matériaux de remplacement. Je veux dire, le cuir, au moins, c'est naturel, ça pousse tout seul, même si c'est pas sur les
arbres, et le tannage végétal, ça marche très bien. Donc du coup on a soit des chaussures écologiques mais faites avec du cuir, soit des
chaussures qui aiment les animaux mais pas écolo du tout. C'est un dilemme.
En fait, ce qu'il faudrait, c'est un label "cuir d'animal mort de mort naturelle au terme d'une vie heureuse".
Par Jerry
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Publié dans : Le réel monde réel
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Il faut choisir, même si c'est dommage... pour ma part, je suis vegan avant d'être écolo. Je choisis de ne pas faire souffrir/mourir avant de ne pas polluer... Mais je me dis aussi qu'avec tout ce que je consomme comme produits bio (ou plutôt : avec tout ce que je ne consomme PAS comme produits dits "conventionnels", produits animaux en tête), l'absence totale de bagnole dans ma vie, mon tri sélectif et tout ce qui s'en suit, je peux me permettre une paire de chaussures en plastoc par an. Ceci dit, des alternatives doivent exister ! Après, les chances sont grandes qu'il s'agisse des alternatives qui viennent des Etats-Unis... importées par avion... bref, on n'en sort pas !
=> http://www.birkenstock.co.uk/index.php?m=catalogue&a=vw_prodlist&pgr_pgrid=12
Par contre, faut pas s'étonner ensuite sinon tous les touristes allemands te demandent leur chemin.
Parce que ce n'est pas assez isolée du tout, la chaussure sans dalle.
"Rajoute-zy un coup, elles crient pas." Me disait encore un collègue
alors que je broyait des feuilles à l'aide de billes de verre et d'un
vortex.
Non, elles crient pas. Et c'est bien la leur problème.
Le pauvre animal qu'on tue, il râle il agonise et ça fait pitié. La
plante on l'arrache on la lacère et on la laisse crever avec une
conscience plus tranquille que celle de la Sainte Vierge qui s'en
reviendrait des toilettes après s'être lavé les mains.
Mais pour moi dont l'objet d'étude sont les molécules signal des
végétaux, je peux vous affirmer que le pauvre coton qui vous couvre
(plus souvent en été) est un martyre qui souffre mille morts avant de
finir sur vos épaules désinvoltes.
On plaint les arbres qu'on abat pour imprimer les bouquins de Dan
Brown (c'est vrai qu'ils ne méritent pas ça), mais on se fout du lin
massacré pour avoir l'air cool et décontracté.
C'est dit !
Un mien ami biophysicien me disait que son critère à lui était la présence de neurones - avec ce bémol qu'il est extrêmement difficile de trouver de la nourriture absolument dépourvue de neurones, puisqu'il y a par exemple dans toute farine un pourcentage toléré et inévitable d'insectes granivores divers broyés avec les grains.
Après, on peut dire en effet que favoriser les êtres vivants dotés d'un système nerveux au détriment de ceux qui ont développé d'autres formes de sensibilité, ce n'est jamais que du systemenervocentrisme assez arbitraire, ou de la ségrégation anti-plantes. Les animaux n'ont pas d'autre mérite que d'être dans le même camp que nous, les bougres.
On ne peut pas même affirmer que les plantes sont moins évoluées que les animaux, puisqu'elles constituent plutôt une forme différente d'évolution complexe.
Mais voilà, il faut bien manger.
http://www.agility.fr/catalog/images/chaussure%20latex%20adulte.JPG
Le cri de la carotte, ouarf !
Remarque, tout bien réfléchi... c'est vrai, ses arguments (et ils sont nombreux !) sont presque crédibles. C'est vrai quoi, si la plante souffre, alors je ne vois pas pourquoi on ferait en sorte que l'animal ne souffre pas. Faisons souffrir tout le monde !
Il y avait de l'humour dans mon commentaire, Jerry, qui me fait l'amitié de ne pas me considérer comme un troll l'a compris (et c'est ce qui compte, finalement).
Croyez bien que pour moi qui ai fait des études de biologie, l'argument de ne pas faire souffrir/mourir plutôt que de ne pas polluer est parfaitement risible.
Pendant mes études j'ai fait des relevés d'indices biotiques à proximité d'usine issues de l'industrie pétrochimique. Et les résultats sont assez affolants puisqu'on pouvait ne plus rien trouver de vivant sur des kilomètres.
Vous ne choisissez donc pas de ne pas faire souffrir ou mourir des êtres vivants, vous choisissez ceux que vous sacrifiez. Archinuance.
Je n'ai peut être pas compris que la vie d'une vache vaut mieux que celle d'une truite, mais pour moi ça n'a rien d'évident. De la même façon que je ne conçoit pas qu'en regard de son évolution l'homme trouve utile de se passer de viande.
(végétaux et/ou synthétique). Ne conviendraient-elle pas ? Ou bien est-ce trop restrictif à votre goût ?
Qui serait partant pour monter une start-up destinée à combler le besoin de naturel non-animal ? J'imagine assez bien des semelles tressées ou nouées à partir de fibres dures, et le reste
cousu avec du texte plus traditionnel.
d'accord, j'arrive pas à trouver non-végétal... peux pas satisfaire à tous les critères! désolée