Ambiance électrique

Publié le par Jerry

    Bon parce que jusque , on se disait qu'on avait pas de gaz, certes, mais au moins on avait l'eau et l'électricité, c'était déjà mieux qu'au moyen-âge et chez les petits enfants du Sahel, faut toujours penser aux petits enfants du Sahel quand on a envie de se plaindre, même si eux, ils ont pas de problèmes de chauffage, alors qu'ils viennent pas se plaindre non plus. Quoi. Bref, on avait l'électricité et c'était chouette parce qu'au moins ça permettait de s'éclairer, de bosser sur nos ordis (faiblement calorifères) et de faire fonctionner les deux petits sèche-cheveux soufflants des années 80 qu'on avait piqués dans la salle de bains de monsieur Basilic pour servir de chauffage d'appoint.

    L'électricité, c'était un peu, comme qui dirait, notre dernier espoir en ce monde cruel, en fait, à la mi-octobre, quand on attendait les racommodeurs de tuyaux de gaz en empilant les pulls.

   Alors évidemment, EDF qui menace de couper le courant, on a tremblé encore un peu plus. Heureusement, c'était quasi rien, juste une histoire de banque qui, au moment où elle aurait dû envoyer des sous, a préféré jouer de la cornemuse rapport au fait qu'un employé d'EDF, au moment où il aurait dû saisir un RIB, avait préféré faire des claquettes, et donc dans tout ça vu qu'ils avaient oublié de se refiler nos sous entre eux ils préféraient gueuler un bon coup parce qu'on ne sait jamais, et puis nous mettre une grosse pénalité pour les frais de traitement parce que bon faut le savoir mais la cornemuse c'est pas donné non plus.

     Tout ça nous a fait souvenir de la chaudière. Parce qu'au fait, cette chaudière, elle a toujours pas de gaz, mais quand elle en aura, elle aura bien besoin d'un peu d'électricité pour marcher, non? Si. Sauf que l'alimentation de la chaudière, pas moyen de la trouver. Y'avait bien une prise prévue juste à côté sur le mur, mais rien pour brancher sur la prise. Longtemps, on s'est dit que ça devait être normal, que quand il y aurait du gaz, la chaudière sortirait un petit tentacule sympathique et se brancherait toute seule comme par magie.

    C'est Tom qui a trouvé le truc, en fait. En démontant la chaudière. Parce que la fiche, elle était à l'intérieur. Evidemment, c'est beaucoup plus facile de transporter une chaudière lui enroulant le câble électrique dans le ventre, on est pas toujours d'humeur à jouer à la corde à sauter avec une chaudière à gaz de 90 kg. L'ennui, c'est qu'il y est resté, le câble. Amoureusement blotti
entre le compresseur et le mégapositron, lové façon serpent qui hiberne entre le circulateur et les gaines d'isolation, une fois tout bien scellé, vissé, boulonné, soudé, raccordé, plus rien qui bouge. Oh ça, on s'est dit, c'est bien embêtant, alors. Et monsieur Basilic, qui passait par là, il a dit, non mais ça doit être normal, parce que vous savez, super Mario, c'est quelqu'un qui fait bien son boulot, hein, il s'y connaît, alors il aurait pas pu faire quelque chose comme ça si c'était pas normal, vu que c'est quelqu'un qui bosse bien, hein, c'est comme pour les tuyaux, quand même, c'est du bon boulot, et on a répondu ah ça c'est sûr, et on l'a flanqué à la porte pour retourner claquer des dents en paix, puisque de toutes façons pour l'instant on avait pas de gaz et que quand on en aurait super Mario viendrait sauver le monde et mettre en route la chaudière, il l'avait promis, alors c'était sûr.

    Bon. Et c'est à ce moment, ou à peu près, que le tableau d'électricité a commencé à faire des étincelles dans tous les sens et à grésiller comme une vieille tranche de lard, et les lumières clignotaient et le courant se faisait vachement alternatif. Alors monsieur Basilic, qui était resté collé derrière la porte quand on la lui avait claquée au nez, a repassé la tête pour dire oh mais pourtant, celui qui a fait le tableau électrique, lui, c'était un vrai électricien, hein, il connaissait bien son boulot, et puis il bossait bien, ah ça. Et c'était pas parce qu'il avait été arrêté pour conduite en état d'ivresse, un jour, en venant sur le chantier, qu'on allait dire le contraire, ah non, faut quand même pas douter de tout comme ça, hein, les jeunes, non parce qu'on peut pas dire, c'est quand même du bon boulot, non ça c'est sûr, et là on a reclaqué la porte et fermé à double tour et on s'est débrouillés comme on a pu avec l'électricité.

    Et on a commencé à tricoter des pulls supplémentaires parce qu'on avait déjà mis tous ceux qu'on avait.
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claire 04/03/2012 20:41

Bon, d'accord, j'ai 3 ans de retard par rapport à ca blog... n'empêche que je le trouve génial. Je l'ai trouvé à cause d'un souce de micro onde et de pâtes ... j'adhère au style, aux expressions,
aux références et aux petits noms de tout un chacun ;)

Martin 07/01/2008 11:50

Après l'aventure de gaz, l'aventure d'électricité. La prochaine aventure va-t-elle concerner l'eau ?

La compagnie des eaux de chez moi m'avait renvoyé mon RIB suite à mon emménagement. Ensuite, ils étaient venus pour me menacer de couper l'eau si je ne payais pas tout de suite. Evidemment, le monsieur qui réclame les sous n'a pas de quoi encaisser une carte bancaire.

Et pourquoi m'ont-ils renvoyé le RIB ? Parce qu'il affichait fièrement mon ancienne adresse, et pas la nouvelle. Car comme chacun le sait, la première chose qu'on fait en arrivant dans un nouveau chez soi, c'est de changer l'adresse du courrier à la banque. Personne ne doit faire de suivi de courrier six ou douze moi comme moi, il faut croire. Personne ne doit aussi prendre d'abonnement d'eau pour sa résidence secondaire. Non. Ca n'existe pas. La compagnie des eaux, elle serait au courant, autrement.

Oh, tous ces Super Mario surpuissants et méga compétents, heureusement qu'ils sont là pour nous rappeler à l'ordre, à nous rappeler que la situation géopolitico-économique des pays du Tiers Monde devrait nous donner envie d'être heureux d'habiter chez nous.

En attendant, l'un des avantages d'habitter en province, c'est, outre des tarifs humainement supportables, que l'on a un peu plus le choix de l'endroit où l'on vit. Les deux sont sans doute liés, tiens. On se sent plus riche.

Enfin, histoire de vous faire rêver un peu, mon propriétaire n'est autre qu'un membre de ma famille. Et un proprio réglo, sympathique, et même s'il y a des défauts dans l'appartement qu'il me loue, ils n'ont aucune mesure avec les vôtres... Bon courage ! Et... bon tricot !

Jerry 07/01/2008 23:49

Ah... Mais pour l'eau, y'a qu'à mettre une citerne sur le toit, hein! Je suis sûre que monsieur Basilic te l'aurait conseillé.Bon, en ce qui concerne l'eau, c'est pas gagné non plus, mais rien de catastrophique pour l'instant. ça fera peut-être l'objet d'un prochain billet.

Vince 07/01/2008 08:25

Je suis sûr que maintenant vous regrettez la belle époque où votre seule occupation était de feuilleter désespérément les petites annonces, non? ;o)

Jerry 07/01/2008 23:47

Booof, entre se faire suer et se faire surgeler, j'avoue, j'ai pas de préférence...

SuperTomate 07/01/2008 01:06

Oh punaise !
Et re-déménagez, z'avez pas envisagé desfois ?

Jerry 07/01/2008 23:46

Oh que si! Tous les matins en ouvrant le premier oeil. Et généralement, le temps d'ouvrir le second, on recalculait le temps et l'énergie qu'il avait fallu pour trouver un logement et déménager, et on se disait que le gaz arriverait plus vite que ça, quand même.La question étant : arrivera-t-il?