Les Ecossais aussi sont nos amis

Publié le par Jerry

    Au fait, on vous avait pas dit, mais monsieur Basilic, il a des origines écossaises.

    Enfin on en est pas certains, mais on suppose. On a des indices concordants et nombreux, comme qui dirait. Mais passons. Et non, il met pas des kilts.

    Pendant ce temps-là, pendant qu'on attendait qu'un pote de Samaritain vienne raccomoder nos tuyaux à gaz en dentelle de Calais, on se les pelait grave, dans notre petite maison au milieu de la forêt. Certes, mais pour ça, on avait toujours moyen de remettre un pull. Et puis un autre. Et puis encore un autre. Zut, c'était le dernier.

    Par contre, pour se laver, c'était beaucoup plus problématique.

    Se laver à l'eau froide, c'est formidable. Tous les canards et les scouts vous le diront. C'est vivifiant, bon pour le coeur, souverain contre les maux de tête et préventif contre la toux et la petite vérole, hop, dès l'aube, une nouvelle vie qui commence, reste plus qu'à se fustiger un peu avec des orties sèches et vous voilà un homme neuf, prêt pour une nouvelle journée à 100 à l'heure.

    Autant dire que, la situation menaçant de s'éterniser, on a assez rapidement accepté la proposition de monsieur Basilic de venir se doucher chez lui, vu qu'il ajoutait la qualité de voisin à celle de propriétaire, et de traverser le jardin pour se décrasser convenablement. Avec savon, shampooing, serviettes, peignes, vêtements de rechange, etc. Non c'est pas lourd, c'est nécessaire.

    Parce qu'il était vraiment très embêté pour nous, monsieur Basilic, même si, cette fois, c'est sûr, on allait l'avoir, le gaz, et avant la mi-octobre encore, vous verrez, ben en attendant, il insistait vraiment pour qu'on profite de sa salle de bains, ça lui permettrait de mieux dormir en paix. Bon, à condition de bien nettoyer après, évidemment. Alors les satues en stuc qui ornent les bords de la baignoire, elles se nettoient à la pierre blanche et au coton tige. Oui oui, à chaque fois. Non parce que vous comprenez, ça aime pas l'eau, hein. Oh, mais c'est qu'il aime les belles choses, monsieur Basilic.

    La première douche chaude chez monsieur Basilic, on l'a beaucoup appréciée.

    Mais pas longtemps.

    Parce qu'au bout de pas beaucoup de minutes, de l'eau chaude, y'en avait plus. ça cascadait gelé sur nos épaules. C'était pourtant pas pour être restés longtemps. L'avantage, c'est que du coup, ça passait l'envie de s'attarder sous la douche. L'inconvénient, c'est que si Tom était à peu près tiré d'affaire, Jerry avait les cheveux pleins de shampooing. Mais le rinçage à l'eau froide, ça rend les cheveux plus brillants, si, si, paraît que Claudia Shiffer ne jure que par ça et le jus de citron.

    Monsieur Basilic nous a expliqué que c'était complètement normal, c'était parce qu'il avait oublié de purger le ballon alors il se remplissait pas complètement et ça faisait pas assez d'eau chaude, mais il allait le faire, d'ici la prochaine fois, pas de problème, parce que pour lui, bon, ça suffisait, mais il voulait vraiment pas qu'on soit gênés, alors ça, surtout pas.

    Bon, la deuxième fois, on a apprécié le comique de répétition. Monsieur Basilic nous a alors expliqué que le chauffe-eau, il le mettait juste un petit peu le matin, avant de prendre sa douche, et que oh, ça suffisait amplement pour la journée, normalement. Enfin, normalement, hein.

    Alors on a pris l'habitude de se pointer une première fois pour allumer le chauffe-eau, et une seconde fois, une heure après, pour se laver. ça n'allégeait pas à proprement parler la logistique de nos séances de lavage, mais au moins on avait de l'eau chaude.

    Par contre, quand monsieur Basilic nous a dit que vraiment, le faire chauffer un quart d'heure, vous savez, ça suffisait, on a pris une grande respiration pour répondre sur un ton calme que non, pour deux douches ça suffisait pas. Et quand il a ajouté que normalement, ça suffisait, mais enfin peut-être que nous, on se douchait longtemps, mais enfin c'était pas grave parce qu'il voulait surtout pas qu'on se sente gênés, hein, parce qu'après tout, on était dans les ennuis aussi, on a pris nos serviettes entre les dents et on a mordu bien fort dedans avant de monter l'escalier en vitesse vers la salle de bains, parce qu'après tout, de l'eau chaude, c'est tout ce qu'on voulait.

    Oh, et puis j'oubliais, après chaque douche, évidemment, on a remis un pull.
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nashou 02/12/2009 16:38


quel homme ce M. basilic !!!!!!!

une grande âme ! Que dis-je, un philantrope !!!