Donc, ce qu'il fallait faire en premier, c'était prendre le double des clés de sa maison, qu'il nous avait donné.
Ensuite rassembler toutes les affaires de bain : trousse de toilette, serviettes, vêtements de rechange.
Mettre les chaussures.
Sortir de la maison, fermer la maison. Traverser le jardin.
S'arrêter devant la porte de la maison de Monsieur Basilic et dire : "Merde, l'alarme."
Revenir sur ses pas, jusqu'à la cabane à outils, et aller fouiller dans un recoin obscur derrière la volière pour y trouver la télécommande cachée.
Revenir à la porte de la maison de monsieur Basilic avec la télécommande à quatre boutons.
Dire : "raah, c'est quel bouton, déjà ?" Appuyer sur celui qui semble le moins dangereux et attendre le faible biiiip qui confirme que l'alarme s'est désactivée.
Sur le trousseau de douze clés, chercher la première clé, qui ouvre la serrure du milieu. C'est facile, c'est celle qui est différente de toute les autres.
Sur le trousseau de douze clés, chercher la deuxième clé, qui ouvre la serrure du bas. C'est facile, c'est celle qui ressemble à toutes les autres sauf la première.
Essayer toutes les clés sur la serrure du bas, avant de trouver la bonne.
Chercher la troisième clé.
Dire : "ah non, je suis bête, la serrure du haut, il la laisse toujours ouverte".
Dire : "ah non, je suis bête, c'est la serrure du bas, qu'il laisse toujours ouverte."
Dire : "ok, donc je viens de la fermer. C'était laquelle, déjà ?"
Réessayer toutes les clés sur la serrure du bas.
Dire : " Ta *tut* en *tut* de *tut* de *tut* de clés."
Réessayer toutes les clés sur la serrure du haut.
Dire : "On avait pas dit qu'on mettrait un scotch sur la bonne, la prochaine fois ?"
Tourner le bouton de la poignée et se manger la porte qui n'a pas bougé d'un iota.
Dire : "ah oui mais nan, c'est l'autre sens, sa *tûuuuuut* de *tûuuuuut* de poignée".
Entrer.
Aller vérifier que la chaudière est toujours allumée et que monsieur Basilic l'a pas éteinte, sinon, on est bon pour revenir dans une heure.
Entendre shwouff-svrip -clap-clap.
C'est le gros chat qui s'est pris un jour une poêle à frire en pleine face, que ça l'a laissé bizarre et le visage tout écrasé qu'on pourrait laver les vitres avec. Hideux et légendaire, il faudra d'abord l'affronter à mains nues.
Dire : " Monstre tutélaire de ces lieux, mon coeur est pur et ta tête ressemble à un fond de ketchup, je te défie !"
Dire : "Ah, tu fuis par la chatière, lâche !"
Dire : "Non mais ça avait l'air solide, pourtant, ce truc".
Ensuite, magie de l'eau chaude.
Puis tout refaire en sens inverse : fermer les douze clés, replanquer le bitoniau de l'alarme, revenir chez soi.
Tout ceci impliquait évidemment que monsieur Basilic, à chaque fois qu'il allait dormir en ville, pense à planquer le bitoniau de l'alarme au fond de la cage à oiseau, derrière la grotte.
Maintenant, petite devinette. Quel jour a choisi monsieur Basilic pour oublier de laisser la télécommande dans sa cache habituelle et l'emporter avec lui ?
Oui, c'est bien le jour où il est parti pour une semaine en Espagne à 1700 kilomètres de là, avec son portable qui capte pas.
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